Présentation :
Une riposte contre l'inacceptable
Pourquoi cette maladie ?
Pourquoi cette apparente résignation de la médecine ?
Comment après avoir examiné un enfant, un peu gêné dans ces mouvements, un spécialiste peut-il laisser tomber une condamnation, avouer son impuissance, incapable de poser le bon diagnostic, de prescrire à temps les bons appareils, les soins adaptés ?
Pas d'explication, pas de médicament, pas d'espoir.
Pour riposter contre l'inacceptable, dès 1958, des pères et des mères de familles révoltés et déterminés décident de se mêler de ce qui les regardait : le sort fait aux enfants et à leurs parents, la maladie, les recherches à entreprendre, pour en finir avec elle, le plus vite possible.
De la solidarité des familles est née progressivement une stratégie : aider l'homme malade, comprendre l'origine des maladies, puis utiliser ces deux éléments pour tenter de guérir.
Aujourd'hui, grâce à une stratégie innovante, aux résultats obtenus en génétique et aux partenariats développés, l'AFM est devenue un acteur incontournable dans le domaine de l'économie de la santé et de la recherche scientifique et médicale.
Mettre en ½uvre une stratégie d'intérêt général
Tout commence en 1986. Le hasard de la science et de la médecine a voulu que la myopathie de Duchenne soit la première maladie génétique à livrer son origine. A la suite de cette découverte, deux questions ont été immédiatement posées par les familles au découvreur du gène, Anthony Monaco : comment transformer ce gène-coupable en gène-médicament ? Comment aller plus vite pour découvrir les gènes des autres maladies neuromusculaires et, par là même, des autres maladies génétiques ?
Depuis, l'AFM met en ½uvre une stratégie qui veut répondre à ces deux questions. Mais les réponses appropriées passent par une stratégie d'intérêt général autour de deux ensembles auxquels appartiennent les maladies neuromusculaires : les maladies génétiques et les maladies rares. L'objectif : atteindre une masse critique de connaissances, seule capable de générer un progrès pour l'homme malade. Pour atteindre cet objectif, l'AFM construit avec Généthon, en 1990, un outil d'intérêt général.
Le premier choix stratégique de l'AFM a donc été de s'engager dans la génétique. Le second, de mener une politique globale d'exploration du génome. Enfin, d'explorer toutes les pistes thérapeutiques émergentes et de n'en négliger aucune, compte tenu de la diversité des maladies neuromusculaires.
Une stratégie payante puisque les chercheurs du monde entier utilisent aujourd'hui, avec succès, les outils forgés par l'AFM-Généthon.
Les thérapies nouvelles développées par l'AFM grâce aux dons du Téléthon sont aujourd'hui testées sur des maladies dites « modèles », pour la plupart rares. Premières candidates naturelles aux traitements, elles permettent de faire rapidement et efficacement la preuve de concept d'une thérapie. Une fois cette étape passée, la piste thérapeutique testée peut s'appliquer à d'autres maladies, rares ou fréquentes, relevant d'une même logique physiologique.
Ainsi, certaines des pistes thérapeutiques développées pourront être appliquées à des maladies non génétiques concernant l'ensemble de la population.
La politique scientifique de l'AFM passe par le financement d'équipes de recherche publiques ou privées mais aussi par des partenariats avec des industriels français et internationaux sur des projets intéressant ses domaines d'intervention.
Programmes de recherche :
La politique de l'AFM pour le développement des thérapeutiques se décline selon trois axes : la recherche fondamentale et son développement permettant de progresser dans la connaissance du muscle, dans les techniques de transfert ou de réparation de gènes ou encore dans l'utilisation de cellules différenciées ou souches à des fins thérapeutiques ; l'application des techniques issues de la connaissance des gènes au diagnostic des maladies génétiques; la recherche appliquée dans le domaine des thérapies : vectorologie, thérapie cellulaire, mise au point de modèles animaux, mise au point d'outils d'évaluation et essais cliniques chez l'homme. Utiliser les gènes pour guérir, c'est la voie dans laquelle l'AFM s'est engagée dès 1989 pour atteindre son objectif de guérison. Dix ans plus tard, en 1998, elle lance la " Grande Tentative ", un programme scientifique ambitieux de cinq ans visant à démontrer la faisabilité des génothérapies. Un pari gagné au-delà de ses ambitions, avec les premières victoires sur la voie des thérapeutiques. En 2002, l'AFM lance un nouveau défi d'une durée de cinq ans, la "Nouvelle Frontière": il faut maintenant multiplier les essais thérapeutiques sur l'homme.
En 2007, l'AFM a soutenu près de 400 projets issus de 4 appels d'offres, après expertise par le Conseil Scientifique ou par des comités d'experts.
Avec l'investissement de 845 millions d'euros investis depuis le premier Téléthon (1988) à la fin 2007 pour sa mission Guérir, l'AFM est devenue un acteur incontournable de la recherche.
Le grand virage des traitements
Après avoir réalisé les cartes du génome grâce à Généthon, l'AFM décide de relever un nouveau challenge : utiliser les gènes pour guérir. L'association s'est engagée dans cette voie dès 1989 en finançant les premiers travaux de thérapie génique. Dix ans plus tard, en 1998, elle lance la '' Grande Tentative '', un programme scientifique ambitieux de cinq ans visant à démontrer la faisabilité des génothérapies (combinaison des voies thérapeutiques issues de la connaissance des gènes : thérapie génique, thérapie cellulaire, cellules souches...). De 1998 à 2002, l'AFM a investi près de 132 millions d'euros dans la Grande Tentative.
Dans ce cadre, Généthon réoriente ses activités en s'engageant dans la mise au point des techniques de thérapie génique. Le constat est simple : il manque des outils adaptés pour mettre en oeuvre ces stratégies thérapeutiques issues de la connaissance des gènes, qui s'appliquent en théorie à beaucoup de champs de la pratique médicale : maladies génétiques, mais aussi cancers, maladies cardiovasculaires, maladies neuro-dégénératives, maladies auto-immunes, maladies infectieuses, voire traumatologie.
Pour cette raison, Généthon développe une stratégie originale consistant à marier recherche fondamentale et développement préindustriel, avec la conception, le développement et la production de vecteurs capables de transporter le gène-médicament au coeur des cellules. C'est la naissance du projet Généthon III. Généthon IV est le 1er laboratoire en France autorisé à produire des vecteurs AAV cliniques. Et Généthon V devient une entreprise de biothérapies pour les maladies génétiques rares.
La Grande Tentative a permis de développer les outils, les réseaux, les structures pour la mise au point des génothérapies. Un pari gagné puisque les premières réussites des génothérapies ont montré la justesse des choix opérés. Pour aller encore plus loin vers la guérison, l'AFM lance un nouveau défi en 2002, pour une durée de cinq ans, la ''Nouvelle Frontière'' : multiplier les essais thérapeutiques sur l'homme.
A l'heure où les thérapies innovantes font leurs premières preuves chez l'homme, l'AFM doit relever un nouveau défi : celui de l'efficacité. Efficacité dans le choix des programmes financés, efficacité dans le résultat thérapeutique pour les malades des essais soutenus. Pour atteindre cet objectif, elle a, en 2007, accru considérablement son rôle moteur dans l'initiation et l'accompagnement de projets d'essais cliniques, tout en assurant l'équilibre avec une recherche fondamentale, nécessaire à la compréhension des mécanismes liés aux maladies neuromusculaires et au développement de pistes thérapeutiques. Et cela, dans un contexte de collaborations internationales indispensables dans le domaine des maladies rares.
> Le point sur la mission Guérir de l'AFM, bilan 2007 et orientations 2008 avec Serge Braun, responsable de la Direction du développement des thérapeutiques à l'AFM.
Les modalités de financement des projets scientifiques
Les 400 projets soutenus chaque année par l'AFM sont soumis par une expertise a priori afin de mesurer leur qualité scientifique et leur intérêt pour la guérison des maladies neuromusculaires.
La décision de financement revient au Conseil d'Administration (CA) ou au Bureau du CA (BCA) qui, sur la base de l'expertise, vérifie l'adéquation du projet avec la stratégie de l'AFM et avec les fonds disponibles.
Les projets les plus importants sont aussi évalués a posteriori afin d'en apprécier la qualité et les résultats obtenus.
L'AFM a identifié différents types de projets de recherche :
* Les projets présentés dans le cadre d'un appel d'offres
Expertise : demande de 2 expertises extérieures et de l'expertise d'un rapporteur membre du Conseil scientifique (CS).
Décision : Bureau du CA.
Evaluation : analyse globale par le Comité permanent du CS et analyse des rapports d'activités par le CS.
* Les projets stratégiques (impact fort sur la politique de recherche de l'AFM et engagement financier > 500 000 euros/an sur plus de 2 ans (exemples : Transgène, Upenn, Trophos, Nématode...).
Expertise : 2 expertises extérieures et expertise d'un rapporteur membre du Conseil scientifique (CS) avec audition du porteur du projet devant le Comité permanent du CS.
Décision : CA.
Evaluation : effectuée sur la base de bilans réguliers par un Comité d'évaluation et de suivi dont la composition est proposée par le Président du CS et la Direction scientifique de l'AFM et validée en BCA.
* Les projets exceptionnels (collaboration déjà validée, projet urgent, organisation d'un colloque...)
Expertise : au moins un expert externe ou un rapporteur membre du CS.
Décision : BCA.
* Les partenariats associatifs (le CA décide d'établir un partenariat de principe avec une association).
Expertise : par les experts externes et par le CS de l'association partenaire. Présentation des projets par l'Association partenaire à l'AFM et sélection par la direction scientifique des projets entrant dans la stratégie de l'Association.
Décision : BCA pour le financement des projets de l'année, directement aux équipes de recherche ou via l'association partenaire.
Engagements financiers :
l'AFM a engagé 66 millions d'euros dans sa mission Guérir qui se répartissent de la manière suivante :
> Recherche et développement des thérapeutiques : 35 Millions d'euros
> Laboratoire Généthon : 21,2 Millions d'euros
> Institut de Myologie : 7,2 Millions d'euros
> I-Stem : 2,7 Millions d'euros
Focus : Recherche et développement des thérapeutiques (hors généthon, Institut de Myologie et I-Stem) - 35 millions d'euros répartis de la manière suivante :
> Partenariats académiques (site de Nantes, Institut Pasteur, GIS/ANR, AP-HP, Inserm, CNRS, Génopole, Fondation Imagine, réseau Treat-NMD) : 8,6 Millions d'euros
> Partenariats internationaux (université de Pennsylvanie - USA, université Laval-Canada, Programme Tremblay) : 2,2 Millions d'euros
> Appels d'offres : 11,7 Millions d'euros
> Programmes de coopération industrielle (diverses sociétés de biotechnologie françaises et étrangères) : 8,6 Millions d'euros
> Partenariats associatifs (Vaincre la Mucoviscidose, IRME, Alliance San Filippo) : 1,1 Millions d'euros
> Autres : 2,8 Millions d'euros